
Tout est flou.. De lointaines paroles me parviennent..
-".. Et je vous laisse le choix du dessert.."
-"Je me répète, mais.. je persiste, le héros pour la fin.." Est-ce
vraiment moi qui ai dit cela?
Un flash blanc..
Puis deux corps nus enlacés, s'épousant
inlassablement, deux êtres qui se jouent de la terreur ambiante,
Ils savent qu'à chaque instants ils peuvent mourir, et pourtant la
passion qui anime chacun de leurs gestes m'est familière.. Je ne
distingue pourtant rien de précis, c'est flou.. mais je sais tout
simplement, de même je ressens.. Comme si c'était..
moi?
Un nouveau flash blanc..
Mais oui c'est moi.. Dans un long soupir je
m'agrippe à Lui.. Qui est-il? Je n'en sais rien..Un Nom me vient au
bord des lèvres M... Mais j'aime à sentir ses mains avides glisser
sur ma peau, ses lèvres dévorantes parcourir mon cou.. C'est si...
Mon dieu! Cette douleur fulgurante et déchirante.. mon cou.. Je
suis blessée.. Comment? Qu'est-ce qui se passe?Je sens mon sang
s'écouler abondamment.. Il m'a mordu? Pourquoi??? Sa tête jusque
alors enfouit dans mon cou se redresse. Une vision d'horreur.. Ce
n'est pas un "homme vivant" c'est un des Leurs! Un des Hordes..
comment?? Suffocante, commençant à me noyer dans mon propre sang,
la terreur me pousse à tenter un cri.. Je n'ai le temps de rien,
déjà il replonge, plantant ses dents avec autant de rage qu'une
bête sauvage.. Il va m'achever.. Il va me déchiqueter, Il...
-"AAAAAH!!!!!!"
Le souffle le court, je me redresse.. D'instinct je
porte une main vers ma gorge.. Rien.. Un cauchemar.. une saloperie
de cauchemar! Je suis en nage et dégluti difficilement, reprenant
peu à peu mes esprits.. Je me suis endormie.. en plein désert que
s'est-il passé? Lentement je relevais une main engourdie que je mis
en visière devant mes yeux, les protégeant du soleil toujours aussi
implacable.. Je cherchais à distinguer quelques chose, n'importe
quoi au loin.. Mais rien comme toujours.. Je me redressais alors
sur mon séant.. parcourant d'un œil rapide mais néanmoins
précis le lieu où je me trouvais.. Une vieille maison
délabrée donc ne subsistaient que quelques pans de murs dont les
briques s'effritaient irrémédiablement.. Dans ma guigne de m'être
écroulée, je suis par chance tomber au pied d'un de ses murs,
profitant à mon insu d'une toute parcelle
d'ombre..
Je parvins à me relever assez difficilement, je
chancelais tellement que je manquais m'effondrer à chacun de mes
gestes.. Après quelques instants sûre de mes appuis je fis un
pas puis un autre tout en regardant le sable dans lequel
j'avançais.. Je m'arrêtais soudainement pétrifiée par ce qui se
révélait à moi.. Je plongeais alors telle une furie dans le
sable..
- "Merde! merde! merde! Je peux pas l'avoir perdu!"
Frénétiquement, je déblayais du sable par ci et là.. recherchant
mon sac à dos.. lequel contenait les ressources nécessaires à ma
survie! Rien.. je ne trouvais rien.. Affolée, je fouillais, le
sable volant de toutes part, et la rage me montant au ventre..
Aucune trace.. J'enfonçais alors un poing rageur dans le
sable..
- "Putain! J'vais claquer dans ce trou à merde!"
La rage de nouveau, je martelais le sable de mes
poings.. Sous l'un deux je sentis comme un objet.. Je me mis à
désensabler sans grande conviction.. C'est alors que je vis une
lanière.. comme celle de mon sac! Un petit chien n'aurait pu
creuser aussi vite, même pour son nonos! Dégageant en un rien de
temps l'objet je laissais échapper un long soupir.. J'entrepris
ensuite de vérifier son contenu.. une dernière ration d'eau, une
poignée de vis et autres écrous.. une pièce de tissu qui servirait
probablement à rien d'autre qu'un bandage de fortune.. une boite de
conserve dont la date de péremption était dépassée depuis des mois?
des années? vide!.. Et mes petits "bonbons" que j'attrapais et
comptais vérifiant aucune perte.. J'en dirigeais un vers mes
lèvres, j'avais besoin d'une dose, lorsque je suspendis mon geste..
Ma perte de conscience.. Bien sûr! Quelle idée de se droguer
en plein désert alors qu'on est à la limite de la
déshydratation?!!
Je me frappais le front violemment! "pauvre folle!
Tu le savais pourtant! Rhaaa ces junkies tous pareils!"Pourtant je
réfléchissais, mes petits "bonbons" leur nombre n'avait pas
diminué.. Je me creusais la tête.. remontant le temps en pensées..
Je voulais garder ma dernière ration d'eau.. mais au bord de la
déshydratation.. J'ai pas touché la gourde.. Les hydratomes.. ces
fameuse pilules au même effet que l'ingestion d'eau.. J'en avais
avalé toute une poignée.. La perte de conscience un effet
secondaire? Fort possible...
Un râle immonde vint troubler mes pensées.. Je le reconnu de
suite.. Celui d'un de ces foutus morts encore bien "vivants"! Ni
d'une ni deux je bondis alors sur mes pieds prête à me défendre à
la mort s'il fallait.. Il venait dans mon dos.. à présent je lui
faisais face.. ses membres décharnés, putréfiés, en lambeaux.. Vers
moi il se trainait.. vers sa bouffe.. Je cherchais du regard
l'éventuelle présence d'un de ses congénères.. rien, il semblait
isolé..
Je laissais tomber mon sac au sol, me baissais pour
m'emparer du cran d'arrêt que je dissimulais dans une de mes
bottes.. Il était vieux de la vieille, sa lame émoussée semblait
sur le point de tomber en morceau à chaque usage, et pourtant
jamais elle n'avait faillit à la tâche..
- "L'un de nous deux va crever ici même.."
lançais-je.. "grgl grglgrrr.." eus-je en réponse.. "Et ça ne sera
pas moi!!" concluais-je en m'élançant hargneuse vers mon prédateur,
la prise assurée sur le manche de mon couteau.. Je n'eus aucune
peine à en finir.. le jour ils étaient si lents qu'ils étaient
incapable de quoi que ce soit ou presque..Mais la nuit tombée s'en
était tout autre chose.. Un coup de pied à la volée dans ce qui
semblait être un ventre, lequel après coup laissa échapper des
viscères putréfiées et grouillantes.. Suivit ensuite d'un coup de
lame au niveau du cou.. "glglgrr.." fut ce que la tête parvint à
dire avant de tomber sèchement sur le sable, suivie de près par le
corps parcouru de soubresauts qui s'écroula ensuite inerte..
"Ça en fait toujours un de moin.. tsss!" je restais un instant à
contempler cette chose d'un œil méprisant.. Je reniflais et
crachais..
Revenant sur mes pas je ramassais mon sac le
passais à une épaule, et repris ma route à travers de désert sans
fin, espérant finir par tomber sur un bastion de résistants.. La
respiration haletante résultat après coup de ma petite "rencontre"
j'essayais de rependre le contrôle, il ne faisait pas bon d'être
sous l'emprise d'une forte émotion dans ce vide! Tout alors que
j'avais retrouvé ma cadence, je me laissais aller à repenser à mon
mauvais rêve.. Je songeais alors amusée qu'aux détails près,
j'avais réellement vécu ce rêve.. Je murmurais.. "Marlow.." Je
revis alors défiler devant mes yeux mon séjour dans cette ville qui
maintenant n'était plus..
**Souvenirs**
- Alex: "Bon les gars, je pars faire un peu de
fouilles, je ne m'éloigne pas trop, si vous voulez me rejoindre, je
serais vers l'est! Je suis parti!"
-Chad: "Bon bah.. maintenant je peux fermer!"
Je revenais du chantier, et alors que ses mots
parvinrent à mes oreilles, j'allais le pas décidé lui faire
comprendre.. "Crétin! tu sais bien qu'il faut éviter de la refermer
à tout bout de champ avec le nombre d'hommes qu'elle mobilise!"
Dans mon dos arrivaient Thorgen et Saber qui revenaient de
l'atelier.. Il s'exclamèrent..
- Saber: "Ah! ah! ah! Elle n'a pas compris la blague!
- Thorgen: "Ouais, ah! ah! Bien joué Miss!"
- Moi: "Ah ouais et alors? Au lieu de rire comme des cons
expliquez!"
Je pestais.. Et par la même je venais de leur
déclencher une crise de fou rire.. Y s'foutaient moi.. Je voulais
comprendre! Les observant l'air "z'êtes cons!" je réfléchissais à
cette fameuse blague.. la blague.. la blague.. une blague trop
conne.. et je la comprenais que maintenant.. Or de question d'me
laisser enfoncer! Je les houspillais..
-"Ouais s'bon j'ai pigé! Mieux vaut tard que jamais hein! Et celui
qui se moque j'en fais mon casse dalle!"
Je pris même l'expression appropriée.. Et Chad de
me répondre.. "Ce serait un plaisir que d'être mangé par toi!" et
de déclencher de nouveau l'hilarité générale.
- Thorgen: "C'est certain qu'on s'y abandonneraient
volontairement!" riant.
- Moi: "Ouais, ouais.. je regarde, je regarde, et j'vois pas grand
chose à "manger! Tss.."
- Saber: "C'est pas la taille qui compte méchante!"
Il offrait un air faussement outré des plus hilarants, je
répondis..
- "C'est un mensonge inventé par la gente féminine destiné à vous
rassurer sur le calibre, et nous permettant ainsi de ne pas
supporter vos incessantes crises de ouin-ouinage! Alors.." je les
toisais tous.. "Songez donc, que quiconque demoiselle vous rétorque
que la taille ne compte pas, elle vous ment tout
simplement!"
J'éclatais de rire à leurs têtes, se reprenant ils
ne tardèrent pas à me rejoindre. Un petit groupe de marades était
né.. Les travaux du jour réalisés et les équipes d'expédition
revenant les unes après les autres signalaient la fin de la
journée.. Le petit composé de Chad, Saber, Thorgen et moi dans un
premier temps était allé se poster près de la porte de la ville.
Peu à peu certains venaient s'y ajoute curieux des éclats de rire,
et de l'animation qui y régnait.. Vash, Marlow.. et d'autres qui
eux restèrent discrets..
Là en errance sous ce soleil assassin complice de
ce désert sournois me remémorer tout cela m'arrachait d'une
certaine façon le cœur.. Des moments pareils, uniques..
perdus.. dévorés par ce désert et les saloperies qui
l'infestent.. Je soupirais replongeant dans mes
pensées..
La nuit tombait et tous étions toujours au même
endroit, échangeant blagues (que je comprenais tout de suite cette
fois!) boutades, mots et discussions en tous genres.. Thorgen et
Saber d'anciens étudiants en langues nous firent démonstration fort
belle de leur maîtrise du japonnais.. Étant les deux seuls qui le
parlaient, ils se prirent d'amicales boutades dans la figure.. des
"tchin touïng toung" et autres "hara-kiri" fusèrent.. "oué c'est ça
nous aussi on sait hein!" Avec pour seuls résultats l'hilarité
générale.
Je revois aussi Thorgen sortir de la ville tel un
Rambo hurlant aux zombis de se ramener , qu'il allait leur faire
une sacré fête, Chad, Saber, Alex qui était revenu, et Vash se ruer
vers la porte et la refermer à toute vitesse, Thorgen qui reste
comme interdit mais se reprend aussitôt: "Ouais! Toute façon j'vais
taillader du zombi regardez bien!" En effet, il s'était rué sur
quelque zombis isolés qui commençaient à se montrer aux abords de
la ville et les explosa littéralement.. oui exploser était bien le
terme adéquat.. Il revint un poing victorieusement dressé.. "Et
voilà! j'entends la ville entière m'acclamer si c'est pas beau
ça!"
- Moi: "Je suis la ville! Et je t'acclame pas donc.."
- Vash: "Non, non, tu te trompes, on entend rien.'
Thorgen s'assit alors en tailleur dans le sable :
"les véritables héros ne sont jamais reconnus à leur juste valeur..
et j'en ai de la valeur! Je m'en fou j'ai pas peur j'reste là!
j'vais tous les butter!" Et de nous autres à rire allègrement.
Quand bien même deux d'entre nous allèrent lui entrouvrir la porte
lui permettant ainsi de rentrer, il fut accueilli par d'amicales
bousculades et autres tapes dans le dos ou sur les épaules. Quelle
ambiance!
- Saber: "Allez tous dans ma planque! Ce soir c'est
bière, orgie et bière à volonté!" S'adressant à moi le sourire bien
accroché: "Oublie pas de venir hein?"
- Moi: "Ta gueule!" Lui de me répondre: "Hum.. dommage ça sera sans
toi alors! haha!"
Lui faisant face, je posais mes mains de part et
d'autre de ma tête au niveau des tempes.. l'air d'une folle:
"J'vous laisse! Je tiens pas à faire claquer mes neurones en moins
de deux avec vous! J'me sens déjà plus!" Je les saluais tous me
répondirent, et je partis reprendre possession de ma tente.. En y
entrant j'allumais une lanterne plus que vieillie dont la lumière
blafarde et faible me suffisait amplement à faire mon petit
inventaire habituel..
En premier lieu la lampe était toujours là!.. Mon
sac à dos aussi.. Quelques vieux habits qui se résumaient à un
t-shirt miteux et un vieux jean partiellement déchiré.. Je
fouillais mon sac.. tout était là.. Et oui, il y en avait toujours
certains qui profitant des absences et occupations de la journée,
se glissaient dans les tentes repartant les mains "pleines".. J'y
avais jusque là échappé.. C'était pas plus mal.. surtout que je
risquais beaucoup avec mon souci..
Me dirigeant vers ce qui me servait de couche.. de
vieux cartons moisis.. pour ne pas dormir complètement sur le sable
c'était largement suffisant!.. Je creusais en vitesse, juste
assez pour y enfouir le sac, confiance ou pas.. Ce qui est à moi le
reste! Je me redressais ensuite et levant haut les bras je
m'étirais, c'est alors que j'entendis un léger froissement de
toile.. quelqu'un venait, ou plutôt entrait.. Je me postais de
façon à faire face à l'intrus.. Que je reconnu immédiatement je
l'avais quitté avec les autres une vingtaine de minutes
auparavant.. Marlow!
Il débarque comme ça.. Où se croyait-il? Je posais
sur lui un regard froid.. il déclara: "J'ai vu de la lumière..." de
même il me fixait le plus simplement du monde. "... et je suis
entré!" Rien que ça? J'en restais perplexe et bien déstabilisée
pour le coup!
-"Tss... j'aurais pu t'assommer crétin! Et l'orgie c'est pas ici!"
Lui me souriait : "Et avec quoi? Avec tes fragiles petites
mains?"
-"Elles en sont pas moins dangereuses pour autant!"
Je lui montrais de la place.. "Puisque t'es là poses-toi donc, et
dis-moi ce que t'es venu faire.. ICI!" Je le laissais s'asseoir, je
restais debout a le toiser.. Il répondit: "Je suis venu
discuter, c'était pas facile tout à l'heure, heure qui était à
l'humour.."
Malheureusement, je ne me souviens plus de notre
conversation, je sais qu'elle n'a pas durée longtemps, l'heure de
l'attaque étant proche.. Seules les dernières phrases
demeurent..
- Moi: "[...] la première équipe d'expédition?
celle qui succède à l'attaque?" Non j'en serais pas, je serais de
chantier une bonne partie de la journée, j'irai je pense faire un
tour à l'extérieur après..
- Marlow: "Dommage, on aurait été ensemble.. Un
vieux centre commercial en ruine a été découvert, l'endroit est
très certainement infesté, alors la présence de tes bras.. de
bras.. Enfin plus on est nombreux mieux c'est!"
- Moi:" Vous êtes déjà une bonne équipe, il ne devrait pas y avoir
de soucis. Je serais de la prochaine alors.."
Soudain, des bruits sourd, des poings s'acharnant à
frapper contre les remparts, se firent entendre.. Nous restâmes
silencieux, tout deux sachant que c'était L' Heure.. Lui partant:
"C'était agréable de discuter.. Il sont à nos portes.. On remettra
ça si on survit à cette nuit.."
-"Si on survit.." Il partit, j'allais m'asseoir sur
ma couche attentive à ce qui se tramait contre nous.. le Gibier..
Les défenses aux abords de la villes avaient été consolidées, les
remparts aussi.. Ne restait qu'au destin? Pff, faites-moi pas
rire.. à Quelque chose d'agir.. qui passerait la nuit.. qui ne la
passerait pas..
Au matin.. je notais alors que je me
réveillais.. survivante une nuit de plus! Et trouvais un vieux
morceau de papier près de ma tête..

Pis quoi encore? J'ai rien demandé! Une journée
chargée s'annonçait en perspective, pas le temps de penser bêtises!
Je sortis de ma tente laissant tomber sur le sol de celle-ci le
mot...
En fin de journée.. le chantier se terminait et les
équipes expéditionnaires revenaient dont la sienne.. J'y jetais un
vague coup d'œil, puis me remis à l'ouvrage.. j'aurais
quelque heures pour fouiner deux trois choses dehors, c'était
suffisant. Les projets du jour achevés, je me ruais en dehors de la
ville pelle en main.. Je m'éloignais d'environ 3 kilomètres de la
ville, et à coups de pelle je me mis à ratissé ma zone.. Je n'y
trouvais que des ressources inutilisables, ou des débris de
ferraille, tant mieux un séjour à l'atelier ça redeviendrait d'la
bonne ferraille! Absorbée par ma tâche petit boost aidant, je ne
m'aperçus pas des heures qui passèrent, la nuit tombante, je
décidais de rentrer rapportant ce qui pouvait l'être.. j'avais
déterré un vieux frigo!
Le tout déposé dans le lieu adéquat j'allais
ensuite chercher un repos bien mérité.. Mes petites vérifications
habituelles pendant lesquelles, je retombais de nouveau sur le
petit mot.. totalement oublié jusque là.. Une blague de mauvais
goût? Attendait-il? Pourquoi irais-je?... Femme de sale caractère..
je restais tout de même femme, et donc un tantinet sensible à la
curiosité.. J'allais voir ce qu'il en était.. Au pas de sa tente,
je restais sans rien faire de longues minutes, sans chercher à
signaler ma présence.. Je m'assis ensuite sans bruit en tailleur,
le regard rivé sur le lointain, regardant la nuit violacée virer à
un noir ténébreux.. Rien n'indiquait qu'il puisse être là. Au bout
d'un moment je finis par demander: "Marlow?" ...
Une voix s'éleva de l'intérieur de la tente: "Je
suis là.. J'ai cru que tu avais décidé de ne pas venir finalement,
je suis content de m'être trompé." Dans un bruissement de tissu,
laissant entrevoir l'intérieur de la tente d'où émanait une légère
lueur (si légère qu'elle ne transparaissait pas de l'extérieur), il
sorti de son abri. "Alors, comment s'est passée ta journée ? Si tu
veux bien te donner la peine d'entrer, nous serons surement mieux à
l'intérieur."
J'eus un rire, je ne fus (et ne suis toujours) pas
capable de déterminer ce qu'il signifiait.. la fatigue sans
doutes.. Je me relevais et le suivit me donnant comme demandé la
peine d'entrer disant.. "Toute sorcière que je suis (clin
d'œil aux marrades de la veille).. je reste curieuse" En
effet sitôt entrée, j'étais déjà mieux, je pris place sur une
parcelle dégagée.. "Ma journée? Productive au niveau des chantiers
et fructueuse par la suite même si je n'ai pas été en mesure de
tout rapporter.. J'ai l'impression d'être toute de sable, de
manger, respirer, boire du sable et rien que ça.. pfff.. et toi de
ton côté?"
Marlow à son tour se mit à rire avec
légèreté. "Et bien ta curiosité et ta question vont trouver réponse
ici-même." Il m'invita à détailler son abri. dans un coin plus
propre que les autres de la tente était aménagée une espèce de
petite table faite de bois de récupération. Un couteau qui a vu des
jours meilleurs était placé à côté d'une fourchette et d'une
assiette taillées elles aussi dans le bois. Et sur l'assiette
reposait un "magnifique" steak à l'aspect bien plus engageant que
la nourriture habituelle.
- "Voilà, ce n'est pas un "paquet cadeau" à
proprement parler mais plutôt une ambiance et un bon repas que je
te propose. Après ta journée je pense que tu dois avoir faim ! Nos
réserves regorgent de nourriture, je pense donc que te réserver
ceci n'handicapera pas la communauté... Et puis tu le mérites
bien."
Je restais le regard rivé sur le "paquet"
assurément je devais en avoir les yeux grands ouverts.. "C'est un
vrai?? Pas un de ces os bien charnus infectés que beaucoup essayent
de faire passer pour des mets rares?? J'y crois presque pas.." La
surprise passée, je me relevais de nouveau et attrapais le bras de
Marlow et le tirais à ma suite vers "notre
table"..
- "Tu te joins hein? On dirait pas comme ça.. mais j'ai quelques
rudiments de politesse, haha!"
- "Avec plaisir!. Comme tu t'en doutes surement,
j'ai trouvé cette perle rare dans le supermarché que nous
avons été explorer. Je peux t'assurer qu'il faisait même encore
frais là où il était conservé !" Il continua: "Et autant le désert
sait bien cacher les perles rares, autant je sais que toi aussi tu
fonctionnes comme ça. Sous l'esprit farouche dont tu fais preuve en
public se cache une perle rare de douceur, voilà ce que je crois."
Il me mit les couverts en main.. Je restais sans voix.. "Allez,
apprécie-le. Qui sait combien de jours nous pourrons encore
survivre ici, autant profiter de la vie comme elle vient. Et puis
tu vois, je fais attention à ce que tu dis : tu n'arrêtais pas de
dire que tu gardais le héros pour la faim, te voilà servie
!"
Couverts en main malgré moi.. Je
m'installais.. sans toucher à rien pour le moment.. Un long
silence plana, je le brisais..
- "Je suis incapable de te dire si tu crois bien ou
pas.. Mais je peux te conforter.. en effet il est des choses
cachées qui sont"
De nouveau quelques instants de silence pendant
lesquels je me perdais en réflexions, attaquant distraitement le
met au couteau.. j'en pris une première bouchée. "Oh! ..." Je
m'empressais d'en détacher un autre morceau que je brandis alors
vers mon hôte..
- "Aller goûte! Pas de chichis! Ouvre!" Il me pris
délicatement la main.. (je m'efforcerais de n'en rien
remarquer) pour éviter de se faire éborgner peut-être en
s'approchant? Puis il suivit les "ordres" de son invitée et croqua
avec plaisir, je le vis bien, le morceau de steak. Un sourire sur
les lèvres, il déclara ensuite... "C'est vrai que c'est bon
ce machin! Finissons vite ce repas, Je sens qu'ils vont bientôt
arriver, et je n'aimerais pas les voir gâcher cet instant. Et au
fait.. je vous laisse le choix du dessert Miss!"
Je le fixais un court instant.. puis sourire aux lèvres
j'entrepris de tailler pour nous deux, en morceaux égaux ce royal
repas.. "Oui, ils ont le don de se faire sentir.. je les vois même
ramper en notre direction.." De rapides bouchées.. j'en eu vite
fait fini et reposais sans bruit les couverts.. Je le fixais alors
sans détours.. "Je me répète, mais.. je persiste.. le "héros" pour
la fin!"
Retour au présent..
J'éclatais de rire seule sans ce désert qui même mes faibles
éclats de rire semblait dévorer.. Je l'avais vraiment dit! "Quelle
garce allumeuse!" Je riais de plus belle, avançant tel une automate
ne sentant plus la douleur dans mes jambes, mes pieds chauds dans
mes bottes rôties tant par le soleil, que par le sable brûlant
qu'elles foulaient.. Je retournais dans mes
souvenirs..
*****
- "Pour la faim et pour la fin, je suis là pour toi
.." Répondit-il.. "Nos défenses tiendront sans problème, ce
soir. Oublions les à présent, à deux nous rendrons cette nuit plus
belle." Sans détours, Il se rapprocha de moi et me caressa la joue,
me murmurant: "J'espère que tu me laisseras voir cette douceur que
tu caches aux yeux de tous." .. Bon sang quel neuneu lui! Je lui
attrapais alors le poignet sans ôter sa main contre ma joue.. D'un
pas vers lui je balayais la distance qui demeurait entre nous..
"C'est tellement plus amusant de jouer à
"cache-cache"..
A ce même instant son éclairage de fortune rendit
l'âme nous plongeant dans l'obscurité nous dérobant la vue pour
mieux nous offrir le toucher.. Je continuais: "Puisque l'on en est
à oublier.. Si on s'oubliait pour changer.. je sais d'ors et déjà
comment te remercier.."
-"Je te fais confiance pour ça.." L'autre main de
Marlow s'avança à son tour pour se poser délicatement dans mon dos
tandis que son visage faisait de même, cherchant dans de légers
tâtonnements mes lèvres.. en me déclarant à mi-voix: "Je vais te
trouver..."
Que dire? Mes lèvres, il n'eut pas à les chercher
longtemps.. Je les lui offris sitôt que les siennes effleurèrent
les miennes.. s'en suivit un premier baiser long et timide..Ma main
relâcha son poignet, remontant le long de son bras.. pour venir se
poser dans sa nuque.. Étrangement, je songeais l'espace d'un
instant qu'autant les défenses de notre patelin s'étaient révélées
infranchissables la nuit dernière, autant les miennes en cet
instant s'effritaient peu à peu.. (Sale caractère
hein?)
Je sentis Marlow laisser ses mains courir le long
de mon corps, alors que nos baisers se faisaient plus passionnés.
Sa fougue, à laquelle venait se mêler la mienne était d'autant plus
grande que nous serions tous deux en vie pour la journée à venir,
et qui sait, même plus longtemps. Dans un souffle il murmura: "Tu
es un mystère pour moi. J'espère rester avec toi assez longtemps
pour avoir le loisir de te découvrir complètement".Je ne répondis
rien.. Lentement, ses mains remontèrent le long de mes
hanches dans une caresse langoureuse, se glissant sous mes
vêtements. Il entreprit alors d'enlever avec délicatesse mon haut
tout en couvrant mon cou de baisers brulants..
Ce fut une Belle Nuit...
Le lendemain je fus d'expédition comme convenu.
Dans notre petite troupe Je retrouvais Marlow bien entendu, Saber
et Chad, les autres étant d'atelier pour la journée.. Déconneurs
comme ils étaient, ils ne mirent pas long feu à comprendre.. Et
furent encore plus rapide à dégainer des kilomètres de bêtises..
Des joutes verbales en passant par des gifles perdues, ou de grands
moments de solitude dans lesquels devant la vérité de faits devinés
crument balancés, je me retrouvais rougissante et sans voix face à
ces énergumènes de la pire espèce, avec pour seul soutient Marlow
tout sourire qui me posait soit une main sur la taille, soit me
prodiguait de petits baisers dans le creux du cou.. Le périmètre
sûr, nous nous séparâmes, allant séparément ratisser un secteur..
Une journée de fouilles comme une autre.. Si ce n'est que l'un du
groupe revint blessé à la tête.. Peut-être trouverait-on de quoi
lui faire un bandage rudimentaire.. Sans quoi, il mourrait
certainement de sa blessure dans les jours à venir.. Enfin mourir..
Il irait rejoindre Leurs rangs..
Plus tard dans la soirée Marlow vint me retrouver
dans ma tente.. Nous discutâmes de tout et de rien sans pour autant
dévoiler quoique ce soit qui puisse nous concerner l'un ou
l'autre.. Des baisers par ci, des baisers par là. une caresse
effleurée ainsi.. Nous nous aimâmes de nouveau, intensément,
passionnés.. amoureux? ...
L'un contre l'autre endormis, le boucan d'un
effondrement nous fit bondir.. L'attaque.. Ils étaient rentrés???
Un hurlement d'horreur nous donna réponse.. Les défenses avaient
cédées.. Il devaient être une multitude en ce cas.. Il se rhabilla
et quitta la tente, je me rhabillais, déterra mon sac et sorti à
mon tour.. La débandade dans la ville vifs, à l'affût, à la chasse
tels les prédateurs qu'ils étaient, des citoyens de notre petit
patelins se faisaient dévorer dans les rues dans leur tente.. Que
de cris.. Que de grognements indescriptibles.. Trouvant un couteau
à terre, je parvins grâce à lui à me tracer une chemin sans
dommages..
La banque, je m'y dirigeais, tout prendre, tout
vider.. Je n'écoutais que mon seul l'instinct, qui ne contredisait
en rien mes idées, j'étais parfaitement claire d'esprit.. Un
bandage, des produits pharmaceutiques, une tournevis, des vis, des
écrous, la nourriture.. Un zombi me surpris d'un geste vif je me
servi de mon sac que je lui assénais à la volée, pour le repousser,
je profitais alors du cours laps de temps qui m'était imparti puis
me diriger vers le puits.. Je parvins à y prendre trois rations
d'eau.. Il fallait partir.. Nous étions submergés.. Mais quitter la
ville maintenant reviendrais à mourir de leurs crocs, je couru vers
l'atelier annexe à ce qui fut le chantier.. Me cacher me
dissimuler.. Je devais trouver quelques chose, mon regard s'arrêta
sur une caisse de bois rafistolée.
Ils se cognaient de partout faisant tomber outils,
planches, ferraille au sol, Ils avaient faim ils cherchaient à
manger.. Ils me cherchaient.. Recroquevillée au maximum sous la
caisse, je les espérais stupide, rien ne prouvait une quelconque
once d'intelligence.. mais tous les prédateurs se valent quels
qu'ils soient.. Je retenais à grande peine ma respiration.. qu'ils
ne m'entendent pas, ne me sentent pas.. Que "Quelque chose" agisse
et vite quelle que soit l'issue!
J'ai du somnoler un bon moment.. Car de nouveau
alerte, je n'entends plus rien.. le calme après le chaos.. Je bouge
puis m'arrête guettant le moindre bruit.. Rien j'émerge lentement
sans bruit de ma "cachette".. pas de bruit.. J'ose regarder plus
rien.. Le jour semble se pointer.. Ils sont donc repartis..
Je sors d'un pas précipité et je regarde la ville que nous avions
tous construite.. il n'en restait rien.. Je voulais appeler mais
aucun mot ne franchit mes lèvres.. Chad, Saber, Thorgen.. Marlow..
étaient-ils?... Je m'assénais une gifle violente, m'ordonnant
intérieurement d'oublier tout ça! et de partir.. Ce que je fis..
Quelle route? Celle du sable!
****
Tout en me rappelant cela, je commençais à
faiblir.. mes forces m'abandonnaient peu à peu.. Je n'avais plus
d'eau plus rien.. mes jambes menaçaient de fléchir à chacun de mes
pas. Les lèvres sèches craquelées, j'étais déshydratée, je
chancelais sans m'en apercevoir, j'étais encore dans mes pensées
verrouillées sur Lui.. Ça faisait bien quatre jours que j'étais
partie.. Était-il vivant? Je l'espérais.. Mort? Je le pleurais de
larmes sèches.. S'il était vivant se retrouverait-on? Que ferais-je
si jamais cela arrivait? Je me sentais partir, je ne voyais pas le
sol se rapprocher.. "Je suis.. J'étais amoureuse! Nunuche! Je
t'oublierais.." eus-je le temps de lâcher avant de tomber sans
connaissance. Perdue dans mes pensées, je n'avais pas distingué les
remparts au loin.. Prise dans mes pensée pour Lui je n'avais pas pu
en déduire qu'il s'agissait d'un autre bastion de survivants.
Plongée dans l'inconscience, je ne vis, ni ne senti que l'on me
portait assistance.. à mon réveil.. Il faudrait reprendre le "jeu"
de la survie une nouvelle fois..