Accueil Date de création : 27/11/09 Dernière mise à jour : 27/11/09 23:02 / 19 articles publiés
 

Petite Fille

Minuit Sonne.  (Petite Fille) posté le vendredi 27 novembre 2009 22:14

 

Il est minuit..

Et comme toujours, c'est leur moment..

Le Leur celui où Ils déferlent contre les défenses de la ville..

Depuis le temps.. J'ai toujours connu ce moment.. ce monde ainsi.. infesté de zombis..

Mais rien n'y fait.. j'ai toujours autant peur.

Je suis toute seule, mes parents... sont devenus des leurs.. Ils ne m'ont pas reconnu ce soir là. de justesse, un homme courageux, bienfaisant est venu à mon secours me permettant ainsi de fuir.. Je ne sais pas ce qu'il est advenu de lui.. Je sais que je le reverrai jamais plus..

Que me reste t-il? Juste un vieux nounours bouffé par les années, bouffé par la sècheresse, bouffé par mes folles étreintes tous les soirs à cette même heure..

Minuit..

Je suis en boule cachée sous une vieille table dans la tente d'un citoyen au bon coeur. Je tremble, je pleure en silence.

Si jamais ils venaient à pénétrer dans la ville.. Encore des cris de terreurs, la panique, le bruit de leur course rampante dans les rues, leurs grognements en rien comparables à ceux d'une quelconque espèce animale.. C'est inhumain.. Et ces râles comme s'ils se noyaient, ce gargouilli infâme.. Quand ils mangent des gens..

J'ai peur, je veux pas qu'ils rentrent, je veux pas qu'ils me mangent.. Je veux pas Les voir..

Minuit..

Ils se cognent dans d'étranges bruits contres les remparts de la ville.. Dans le silence mort ça résonne, ça résonne dans la tête, ça résonne dans les entrailles..

Apparement, ils n'y arrivent pas, alors ils s'acharnent en colère,

C'est le signe que c'est bientôt la fin!

La frénésie les gagne, ils grattent les remparts encore et encore.. J'imagine toujours des morceaux qui se détachent.. Et j'en frissonne..

Minuit à passé..

Ils repartent, les râles s'éloignent.. Ils ne sont pas entrés.. Pas de hurlements.. tout le monde à survécu!

J'ai survécu! Mais je reste dans ma cachette mon nours serré contre moi, et je pense comme à chaque fois au prochain "minuit"...

Plus nombreux, ils reviennent toujours plus nombreux..

Et ils finissent un soir par passer..

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Une Journée  (Petite Fille) posté le vendredi 27 novembre 2009 22:17


Les jours passent.. Parfois tout le monde se réveille. Mais généralement certains ne se relèvent pas de leur sommeil.. Soit ils étaient gravement malade, soit ils sont morts de leur état de manque les drogues étant d'une addiction extrême.. Et ainsi chaque matin, il y a toujours au minimum un corps à se débarrasser..


 Toutes les journées sont pareilles.. Levé à l'aurore dès les premiers rayons "exorciseurs" du soleil, toujours j'entends ce lourd soupir silencieux qui émane de la ville barricadée et qui nait  de la fusion des contentements silencieux de chacun, signifiant  "Je suis en vie!" Ça m'échappe, certes je me réveille "sauve" moi aussi, mais ma première pensée est que ça va recommencer ce soir, puis s'en suit toujours la même interrogation une personne m'acceptera-t-elle dans sa tente pour la nuit? La vie n'est que survie, certes des personnes s'enquièrent de moi, mais je sens bien que je bouscule leur préoccupations. Il faut le dire, personne ne s'attend à avoir un enfant dans les pattes dans ce monde qu'est le notre.


Comme les autres, aux premiers rayons, je me glisse dehors et silencieuse vais m'installer près du chantier, et je regarde. Des groupes se former, trois ou quatre selon les vivants qui restent.. Un chargé de faire le tour des tentes et ainsi repérer les éventuels cadavres qu'il sortira ensuite.. Un second chargé de puiser l'eau au puits, rassembler toute la nourriture et les produits possibles.. Le troisième chargé de la coordination des chantiers du jour, passant en revu les besoins en ressources, en étroite collaboration avec un quatrième groupe lequel discute des expéditions à mener dans le désert.. Tout se fait rapidement sans traîner, sous le signe de l'habitude. Chacun sait ce qu'il a à faire sitôt que les directives décidées sont à tous révélées, généralement d'aucun n'y trouve chose à redire, parfois un impétueux ose n'en faire que selon ses envies.. L'homme finit soit pendu, soit banni.. et j'ai vu une fois le pauvre fût lapidé sur ce qui tenait lieu de place publique.. Je n'oublierais jamais..


Une ou deux heures passent, puis vient le moment où on me demande "d'Aller jouer ailleurs" , je quitte alors sans attendre la poutre qui me servait de siège. Je vais chercher ma ration d'eau et de quoi manger.. A cette seconde action je sens des regards assassins me transpercer, je suis la seule à boire ET manger chaque jour où nous ayons survécu.. Eux les autres citoyens, se privent, ne s'autorisant de l'eau qu'un jour sur deux quand ils ne sont pas de sortie dans le désert aride.. faisant de même avec les maigres rations de nourritures que nous avons alternant ainsi l'un et l'autre un jour sur deux dans le meilleur des cas.. Cas qui n'est jamais le meilleur, car toujours ils se privent.. ou plutôt se sentent de se priver pour ne pas se mettre quiconque à dos..


Je ne peux pas faire comme eux.. Mon corps réclame et je lui donne. Ce n'est pas de ma faute si je suis d'une faible constitution.. Et étrangement, je reste en vie.. Je dois tirer des six à chaque fois sur le dé de la Vie.. Mes rations dénichées, je me fais de nouveau invisible aux yeux de tous et vais "camper" du côté des dernières constructions achevées.. Aujourd'hui, je choisis de m'asseoir au bord du grand fossé laissant mes frêles jambes se balancer au dessus de ce vide béant.. Je m'imagine alors Ceux des Hordes qui lors de l'attaque de la veille y sont tombés.. Je les sens à l'affut de ma chair fraîche et jeune.. Parfois je crois même les entendre émettre des râles d'accablements, dépités de ne pas me voir tomber.. C'est un "amusement" comme un autre.. Je me demande parfois si papa et maman sont là.. au fond de cette fosse à attendre patiemment ma chute pour de dévorer à mort, ou me dévorer juste assez pour que je devienne comme Eux..


La matinée s'écoule, les groupes d'explorations sont sortis dans le désert, ne restent que les chargés du chantier. De là où je suis j'entends hurler les instructions,  j'entends la scie couper le bois des souches, j'entends la ferraille devenir d'importantes structures métalliques dans l'atelier, j'entends le tout devenir une nouvelle défense, un nouveau rempart contre Eux...


...

L'après-midi est bien avancée, il y a longtemps que j'ai quittée mon "perchoir" de fossé, j'ai erré dans la ville tranquillement sans rien en tête, ma peluche toujours serrée contre moi, puis j'ai dormi  dans une tente vide son propriétaire s'étant absenté pour la journée.. Et enfin j'en suis revenue au chantier. A même le sol je me suis assise et j'ai regardé le projet du jour prendre forme, des fondations.. Il est projeté de construire une ville factice qui apparemment détournerait l'attention d'une bonne partie des Hordes. J'ai parfois eu droit à un regard froid, d'autres fois à un regard presque bienveillant auquel je répondais par mon mince sourire..


Le ciel devient couleur orange, la construction du jour s'achève sous les derniers coups de marteaux portés sur les structures de métal. Les explorateurs reviennent. Aujourd'hui, pas de blessé, il reviennent chargés comme des mules et couverts de sang.. Ils ont dû combattre quelques zombis insistants.. Ils vont déposer leurs trouvailles à l'atelier quand il s'agit de ressources, dans la réserve des rations quand il s'agit quelque denrées presque comestibles ou de produits pharmaceutiques..  Tous les groupes dressent alors un compte rendu de leur activité pour la journée qui s'achève.. J'entends dire que les zombis voient leur nombre augmenter à proximité de la ville.. J'en frissonne, même si je sais qu'ils ne se déplacent pas la journée, mais la nuit tombée, ils seront les premiers à gratter les murs fortifiés de la ville..


Il émane comme une sorte d'allégresse, les trouvailles sont bonnes, la fausse ville pourra être mise sur pied dès demain, tout le monde sera mis à contribution, très peu partiront explorer. La "réunion" s'achève.. Toujours quand elle s'achève, les lueurs violacées dans le ciel disparaissent laissant le noir de la nuit prendre place, beaucoup rentrent sans attendre dans leur tente, d'autres restent à proximité du chantier à discuter, rire parfois, et fumer.. Pas très loin d'eux, leurs éclats de rire me parvenant m'arrachent à chaque fois un maigre sourire..  Où vais-je dormir ce soir?


Une main se pose alors sur mon épaule, je sursaute à outrance prête à crier de toutes mes forces, sitôt on m'adjure de me calmer,  que je ne risque rien, que je devrais rentrer, que ce n'est plus l'heure pour moi d'être encore dehors.. Et je reconnais l'âme charitable qui m'avait accueilli dans sa tente la veille.. Elle ressemble à une grand-mère, pourtant elle est jeune encore, mais une abondante chevelure blanche orne son crâne maintenant.. Elle m'attrape par la main la serrant chaleureuse et bienveillante s'excusant de m'avoir fait peur, elle m'entraîne à l'abri dans sa tente où m'attend une petite couche de fortune que je quitterai pour me cacher au plus loin lors de l'attaque à venir.. Elle m'y installe me parlant doucement, déplorant mon état, pestant contre le rationnement d'eau qu'elle comprend et que je comprend aussi; qui m'empêche le minimum salutaire d'hygiène.. Puis elle peigne mes cheveux des ses doigts, elle raconte des choses et d'autres sur sa vie, je l'écoute sans l'interrompre acquiesçant seulement d'un hochement de tête lorsqu'elle me posait une question..


Mon nounours contre moi serré, je me sens m'endormir contre Elle d'un sommeil léger qui se coupera à Leur moment,

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